Moussa Diao, du desk de trading de Genève aux commandes d'Oryx Energies
Entré chez Oryx Energies en 1999 comme trader junior, devenu directeur général en 2019, le Sénégalais Moussa Diao s'apprête à prendre le contrôle du groupe avec son responsable du trading, Hervé Bouvet. L'opération valoriserait le distributeur de produits pétroliers à environ 1 milliard de dollars, selon Bloomberg.

En septembre 2023, Oryx prend le contrôle de Puma Energy Sénégal, rebaptisée Oryx Gaz Sénégal. Le groupe y gagne le GPL, cinq stations-service et une activité de soutage. Oryx dispose déjà d'un terminal de stockage au port de Dakar et en construit un second au nouveau port de Sendou-Bargny.
« Cette acquisition renforce notre présence au Sénégal, l'un de nos marchés clés depuis 1989 », explique alors Moussa Diao. L'opération s'inscrit dans le plan stratégique sur trois ans du groupe, baptisé « Oryzon 25 ».
Le rachat d'un groupe à 1 milliard de dollars
Début octobre 2026, Moussa Diao et Hervé Bouvet, responsable du trading, signent un accord pour racheter la majorité du capital. Les vendeurs sont les actionnaires historiques, dont Jean-Claude Gandur. Selon Africa Intelligence, l'accord date du 2 octobre et un consortium bancaire incluant Afreximbank le finance.
L'opération valoriserait le groupe à environ 1 milliard de dollars, selon Bloomberg. Elle met fin à la course engagée par le financier américano-burkinabè Simon Tiemtoré, président de Lilium Capital, dont l'offre n'a pas abouti. La répartition du capital et les conditions de financement n'ont pas été rendues publiques.
Le groupe qu'il s'apprête à contrôler n'a plus grand-chose à voir avec celui de 1999. Oryx revendique une présence dans plus de 30 pays africains, dont 17 avec des activités établies. Il déclare plus de 410 stations-service, 11 terminaux majeurs et environ 947 000 m³ de stockage. Il vend environ 9,4 millions de tonnes de produits pétroliers par an et emploie plus de 1 800 personnes.
Ce que son parcours dit du secteur
Le rachat ferait passer un distributeur majeur de l'aval pétrolier ouest-africain sous le contrôle d'un dirigeant sénégalais, avec l'appui d'une banque panafricaine. C'est un signal pour un secteur longtemps dominé par les négociants européens et les majors.
Les défis restent nombreux : financer le rachat, tenir les marchés publics d'approvisionnement, souvent tendus, et absorber la volatilité des prix des carburants. Le premier test de Moussa Diao en actionnaire sera de prouver qu'un groupe piloté depuis l'Afrique peut garder sa place face aux géants du négoce.
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