Mardi 20 octobre 2026

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Mines et minéraux

Minéraux critiques : six banques de développement s'allient pour financer la transformation en Afrique

La Banque mondiale, la Banque africaine de développement et quatre autres institutions ont dévoilé un cadre commun pour aider les pays producteurs à raffiner leurs métaux sur place. Une promesse séduisante, mais sans enveloppe chiffrée, et dans un contexte où Washington et Pékin se disputent l'accès aux gisements africains.

Minéraux critiques
Minéraux critiques Photo : 2bmineral
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C'est une alliance inédite. Six banques multilatérales de développement, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, la BERD, la Banque européenne d'investissement et la Banque interaméricaine de développement, ont publié un cadre commun consacré aux minéraux critiques. Leur objectif : aider les pays riches en ressources à dépasser l'extraction pour aller vers la transformation, le raffinage et la fabrication.

Une boîte à outils plutôt qu'un fonds

Le dispositif mise sur les corridors miniers, en finançant ensemble l'électricité, le transport, la logistique, l'eau et le numérique autour des sites. Les banques comptent aussi aligner leurs normes environnementales et sociales et coordonner leur appui aux gouvernements.

Mais le texte n'affiche aucun montant global. Il s'agit d'une panoplie d'instruments : garanties et assurances contre les risques politiques et de change, préparation conjointe des projets, cofinancement, financements concessionnels et soutien aux contrats d'achat. Le chiffre de 19 milliards de dollars, souvent cité, correspond à l'objectif mondial de la seule Banque mondiale sur 2026-2030, et non à une enveloppe africaine déjà approuvée.

Quatre pays africains en première ligne

La veille, la Banque mondiale avait lancé des compacts nationaux avec huit pays, dont la Zambie, le Malawi, la Mauritanie et l'Égypte. La Zambie vise 3 millions de tonnes de cuivre par an d'ici 2031 et veut développer des industries de transformation. Le Malawi mise sur la gouvernance minière, l'énergie, le transport et la transparence des licences. La Mauritanie entend associer mines et énergies renouvelables pour une transformation bas carbone, tandis que l'Égypte vise 6 % du PIB issus des mines en 2030.

Ces ambitions se heurtent à des contraintes financières lourdes. En Zambie, la dette atteint 83,9 % du PIB, et le FMI la juge toujours à haut risque de surendettement.

Washington avance ses pions

En parallèle, les États-Unis accélèrent. L'agence américaine DFC revendique plus de 14 milliards de dollars d'engagements en Afrique, dont plus de 3 milliards dans les minéraux critiques, et prévoit davantage de prises de participation directes.

En RDC, l'accord stratégique signé avec Washington va plus loin : les entreprises publiques congolaises doivent utiliser leurs droits de commercialisation pour orienter les exportations vers des acheteurs américains, avec des clauses de premier refus. La Gécamines expédiera ainsi 100 000 tonnes de cuivre vers les États-Unis en 2026.

Les États africains durcissent le ton

Face à ces convoitises, les pays producteurs multiplient les restrictions. Au moins 13 pays africains ont limité leurs exportations de minerais bruts depuis 2023. Le Zimbabwe a suspendu en février toutes ses exportations de minerais non transformés, et l'usine de Huayou y a exporté en avril le premier sulfate de lithium produit en Afrique.

Le raffinage, nerf de la guerre

L'enjeu est considérable : la Chine domine le raffinage de 19 minerais stratégiques sur 20, avec une part moyenne d'environ 70 %. Mais la finance seule ne suffira pas. Le raffinage exige une électricité abondante et fiable : la RDC peine ainsi à aller au-delà de l'hydroxyde de cobalt, faute d'un réseau stable.

Les six banques le reconnaissent implicitement : un groupe de travail rendra compte chaque année de l'avancement. Pour l'Afrique, le test sera simple. Il faudra voir surgir des usines, des emplois qualifiés et des contrats transparents, et pas seulement des annonces.

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